Apprendre la photo numérique
hyperfocale net

Comprendre l’hyperfocale et photographier avec

 Il y a quelque temps, dans un article, j’évoquais les conseils hallucinants que l’on pouvait trouver sur le Net pour « réaliser de superbes clichés ».

 

Je m’étais attelé à démontrer par exemple que lors d’une photo de paysage, la question de l’ouverture n’était pas si importante que cela pour rendre l’image toute nette. Je n’étais pas allé plus en avant dans le sujet. Pourtant, il est très intéressant d’évoquer la notion d’hyperfocale. C’est un concept fondamental qui va vous expliquer beaucoup de chose.

Hyperfocale, un mot bien barbare

Peut-être que sans le savoir, vous avez déjà été confronté à l’hyperfocale (je vais vous le démontrer un peu plus loin). Mais auparavant, il faut définir cette notion. Derrière ce mot se dissimule l’idée qu’à partir d’un point situé à une certaine distance de vous, tout peut devenir net. Ce point est fonction de :

– La focale utilisée ;
L’ouverture appliquée ;
– Le cercle de confusion.

Vous vous sentez perdu ? Ne soyez pas inquiet, je pense que la majorité des lecteurs de cet article en sont au même point que vous ! Lisez la suite, ça ira bien mieux après ! Je l’espère…

Vous avez déjà utilisé l’hyperfocale, sans le savoir

Je vais vous expliquer cette notion d’une manière différente. Vous avez certainement déjà utilisé un appareil photo jetable (si, si, cela a pu exister…).

appareil photo jetable hyperfocale

Celui-là avait 27+12 poses. Plus un flash « d’énergie » et il était déjà HD !

Le principe était d’une simplicité déconcertante (pour l’époque) : on tournait la molette pour faire avancer la pellicule, on cadrait dans le viseur, on déclenchait… et c’est tout. La photo était prise. Le mode d’emploi apportait la précision suivante :

– Distance d’utilisation minimum le jour : 1 mètre ;
– Distance d’utilisation minimum la nuit : 3 mètres.

La notion de point d’infini et de profondeur de champ

Pour vous parler de ce point d’infini, il faut évoquer la profondeur de champ. Cette dernière correspond à la partie qui est nette, en profondeur dans l’image. En dehors de cette zone, nous obtenons systématiquement du flou (que l’on nomme par ailleurs « flou de profondeur »).

infini hyperfocale

D’ailleurs, à ce sujet, il faut bien comprendre qu’il n’existe que deux possibilités dans une image :

– Flou, net, flou ;
– Flou, net.

Non ! Le net-flou n’existe pas. Dans le cas d’un portrait, le visage peut être net, l’arrière-plan flou et l’air qui est devant le visage, même s’il est invisible, est forcément flou. Le net-flou n’existe pas. Vous pouvez vérifier, vos yeux fonctionnent exactement de la même manière.

Le flou – net

Ce qui va nous intéresser, c’est le cas du flou-net. Il existe un point de bascule où l’on va pouvoir passer du flou-net-flou au flou-net.

Ce point se nomme le point d’hyperfocale. Vous commencez à comprendre ?

Les appareils photo jetables fonctionnaient donc sur ce principe du flou-net, il n’y avait pas de mise au point à faire. On peut donc en déduire que le jour, le point d’hyperfocale se situait à 1 mètre, la nuit à 3 mètres.

Cela était rendu possible par le changement d’ouverture du diaphragme. Dans les situations où la lumière pouvait manquer, ce dernier s’ouvrait plus grand.

Sur ces appareils photo jetables, il était impossible de changer de focale. Pourtant, cette notion entre en compte dans le calcul de l’hyperfocale.

La galère de l’hyperfocale commence

Bon, pour lire la suite, je vous invite à vous installer très confortablement dans un fauteuil, par exemple. Servez vous un café bien chaud ou une infusion… Et on attaque.

Vous-êtes prêt?

Bon… Pour la calculer, il faut connaître la focale (facile, elle s’exprime en millimètres et correspond à la valeur de votre zoom), l’ouverture et le cercle de confusion.

Le cercle de confusion est complexe à expliquer et pour éviter de vous perdre définitivement lors de la lecture de cet article, je vous propose de visionner cette petite vidéo. L’idée est assez simple : on trace une ligne dans un logiciel de traitement d’image et on zoome. On s’aperçoit qu’à un moment donné, la ligne devient « confuse ». Il commence à y avoir des décrochages. L’instant où l’on commence à voir apparaître ce décrochage est lié au cercle de confusion. En réalité, c’est l’endroit où toute l’image est concentrée entre l’objectif et le capteur. Wikipédia explique pas trop mal en quoi consiste le cercle de confusion.

cercle de confusion hyperfocale

Bref, tout cela passé à la moulinette d’un boulier chinois ou d’une calculatrice scientifique nous donne une distance à partir de laquelle tout devient net. Amazing ! Je vous passe la formule mathématique, vous pouvez télécharger le fichier des hyperfocales en remplissant ce formulaire.

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Lorsqu’on sait cela, ça devient hyper intéressant ! (même si on a rien compris)

Imaginez : vous faites une fois la mise au point le plus loin possible, vous désactivez l’autofocus. L’appareil photo ne procédera plus à la mise au point. Et vous savez ainsi qu’à partir de telle distance, tout sera net. Avant celle-ci, tout sera flou.

Vous pourrez ainsi éviter de perdre du temps dans des mises au point parfois hasardeuses et qui, souvent, sont sources de perte de temps, voire vous empêchent de photographier ce fugace moment que vous vouliez tant saisir.

Franchement, si vous avez compris quelque chose jusqu’ici, je vous tire mon chapeau. Si vous n’avez rien compris, allez lire l’article traitant de l’hyperfocale sur Wikipédia… Et dites moi dans les commentaires si vous avez compris quelque chose !

En conclusion, retenez simplement qu’à une certaine focale + une certaine ouverture, à partir de X mètres de vous, tout sera net. Il sera impossible de créer du flou.

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