Apprendre la photo numérique
vitesse d'obturation
Le concept qui sauve

Comprendre la vitesse d’obturation

 

Je vais vous expliquer dans cet article ce qu’est la notion de vitesse d’obturation en photographie. Cet article fait partie de la série sur l’exposition en photo. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à le consulter avant d’aborder à consultez l’article sur l’exposition.

 

Pour ceux qui n’aime pas lire, je vous ai concocté une vidéoau sujet de la vitesse d’obturation. Pour les autre, le texte est en dessous.

La vitesse d’obturation pose un véritable problème. En effet, cette notion de base est très souvent mal comprise et mal interprétée, surtout lorsque l’on commence à s’intéresser à la prise de vue. La vitesse d’obturation fait partie de l’un des trois côtés du triangle d’exposition que j’aborde avec vous pour vous aider à mieux comprendre la notion d’exposition. En effet, une vitesse mal adaptée va produire des photographies soit surexposées, soit sous-exposées. Mal maîtrisée, elle fait apparaître le mouvement de votre sujet ou laisse voir le « flou de bougé ».

 

 

Qu’est-ce que la vitesse d’obturation ?

 

Pour mieux comprendre, il faut revenir au fonctionnement de l’appareil photo. Prenons le sténopé. Il s’agit de l’appareil photo le plus simple au monde. Vous pouvez même le fabriquer vous-même. Pour cela, il vous faut :

–           Une boîte de conserve que l’on peut refermer (elle doit être opaque).

–           Une feuille de papier photosensible.

–           De l’adhésif noir.

La mise en œuvre est facile : percez un petit trou au milieu de la paroi de la boîte de conserve puis bouchez-le avec l’adhésif. Dans le noir complet, placez une feuille de papier photosensible puis refermez l’ensemble.

 

Vous allez ensuite pouvoir prendre votre photo. Pour cela, il suffit au moment voulu de retirer l’adhésif, puis, après un certain temps, de le remettre. Il ne vous reste plus qu’à développer votre papier pour obtenir une photo en négatif. Vous obtiendrez ainsi un cliché avec l’appareil photo le plus simple au monde.

 

 

Même s’il est plus perfectionné, votre appareil photo numérique fonctionne exactement de la même manière. La vitesse d’obturation correspond à la durée durant laquelle le trou était apparent. En réalité, il s’agit de la durée durant laquelle le papier photo a été exposé. De la même manière, sur votre matériel, il s’agit du temps pendant lequel le capteur de votre appareil photo reçoit la lumière de la scène que vous photographiez.

 

La vitesse : une notion de temps

 

Vous l’aurez compris, la vitesse s’exprime en temps. Son unité est la seconde. On va devoir décider que la photo va être prise durant X temps. L’obturateur restera ouvert pendant cette période.

 

Vous me suivez ?

 

Comment s’exprime la vitesse d’obturation ?

 

Par exemple :

–           Je peux laisser passer la lumière pendant 30 secondes. L’appareil photo indique alors : 30 ”. La présence de guillemets correspond à des secondes, il n’y a pas de doute à avoir là-dessus.

–           La vitesse d’obturation peut être de un trentième de seconde. Selon sa marque, votre appareil photo va indiquer comme vitesse d’obturation : 1/30 ou 30.

 

Il faut bien comprendre une chose : nous avons très souvent un temps de pose égal à des fractions de seconde.

 

Plus la vitesse devient élevée, plus le temps pendant lequel la lumière peut passer est court.

 

Voici la plage des vitesses allant de 30 secondes à 1/8000 de seconde :

 

30” ; 25” ; 20” ; 15” ; 13” ; 10” ; 8” ; 6” ; 5” ; 4” ; 3,2” ; 2,5” ; 2” ; 1,6” ; 1,3” ; 1” ; 0,8 ” ; 0,6” ; 0,5” ; 0,4” ; 0,3” ; ¼ ; 1/5 ; 1/6 ; 1/8 ; 1/10 ; 1/13 ; 1/15 ; 1/20 ; 1/25 ; 1/30 ; 1/40 ; 1/50 ; 1/60 ; 1/80 ; 1/100 ; 1/125 ; 1/160 ; 1/200 ; 1/250 ; 1/320 ; 1/400 ; 1/500 ; 1/640 ; 1/800 ; 1/1000 ; 1/1250 ; 1/1600 ; 1/2000 ; 1/2500 ; 1/3200 ; 1/4000 ; 1/5000 ; 1/6400 ; 1/8000.

 

Votre appareil peut ne pas indiquer toutes ces vitesses. Ne soyez pas inquiet, cela ne l’empêchera pas de pouvoir prendre des photos. Ce que vous devez comprendre, c’est que 1/8000 est un temps infiniment plus rapide que 30 secondes.

 

Vous pouvez utiliser ce moyen mnémotechnique : plus le diviseur est grand, plus rapide est la vitesse.

 

Concernant la vitesse d’obturation, soyez à cran !

 

Pour passer d’une vitesse à l’autre, il suffit de tourner une molette ou d’appuyer sur un bouton (je vous laisse vous référer au mode d’emploi de votre appareil pour trouver cette commande). Dans le cas d’une molette, vous allez sentir des crans. Dans les autres cas, vous allez devoir presser un bouton. Nous le verrons lorsque nous aborderons la sensibilité et l’ouverture, mais il va vite devenir important de compter les crans.

 

J’ai volontairement mis en gras certaines vitesses d’obturation, à savoir :

30” : 15” ; 8” ; 4” ; 2” ; 1” ; 0,5” ; ¼” ; 1/8” ; 1/15 ; 1/30 ; 1/60 ; 1/125 ; 1/250 ; 1/500 ; 1/1000 ; 1/2000 ; 1/4000 ; 1/8000.

 

 

Il s’agit de valeurs « stop ». Sans vouloir aller trop loin aujourd’hui, sachez que lorsque vous passez de 1/500 de seconde à 1/1000 de seconde, vous allez faire entrer 2 fois moins de lumière. Nous retrouverons ces valeurs stop lorsque nous parlerons de l’ouverture et de la sensibilité.

 

 

Les modes qui vous laissent maître de la vitesse d’obturation

 

Dans l’appareil photo, il n’y a que deux modes qui vous permettent de choisir une vitesse d’obturation :

 

Le mode Manuel

Dans ce mode, vous devez choisir tous les réglages, il va de soi que vous allez devoir sélectionner une vitesse. Si vous ne maîtrisez pas ce mode, j’espère qu’après avoir bien compris la notion d’exposition en photo, vous parviendrez à l’appréhender plus facilement. Le mode manuel peut rebuter celui qui commence en photo, mais il offre un sentiment de contrôle et de liberté incroyable lorsqu’il est compris.

 

Le mode Priorité à la vitesse.

 

Il s’agit du mode TV ou S (en fonction de la marque de votre appareil photo). Le fonctionnement est très simple : vous indiquez une vitesse et l’appareil va adapter l’ouverture et la sensibilité pour exposer correctement votre photo. Il va faire en sorte que le triangle d’exposition soit équilibré.

 

Comment choisir une vitesse ?

 

La vitesse de l’obturateur va vous permettre de figer un sujet. Pour cela, vous allez utiliser une vitesse suffisamment rapide. De la même manière, vous pourrez laisser apparaître son mouvement. Vous devrez donc utiliser une vitesse d’obturation plus lente.

 

Il n’y a pas vraiment de règle pour cela. Vous l’aurez certainement compris, le triangle d’exposition implique qu’il y ait deux autres paramètres à prendre en compte : l’ouverture et la sensibilité ISO.

 

La vitesse d’obturation et le mouvement du sujet

L’erreur que je retrouve le plus fréquemment, c’est un photographe qui utilise une vitesse d’obturation très élevée avec comme volonté de figer le mouvement, sans chercher à équilibrer le triangle d’exposition. La photo obtenue est alors beaucoup trop sombre.

 

On peut cependant garder dans un coin de sa tête les valeurs suivantes :

–           En dessous de 1/125 de seconde, il faut commencer à se tenir correctement afin d’assurer de la stabilité avec son corps.

–           En dessous de 1/60 de seconde, on va commencer à voir le mouvement d’une personne qui discute apparaître de manière flagrante.

–           On dit que la vitesse moyenne est de l’ordre de 1/200 de seconde.

–           À partir de 1/500 de seconde, on fige un cheval au galop.

 

Dans le cas où l’on sucre les fraises, on adapte sa vitesse d’obturation.

S’il y a une règle à respecter concernant la vitesse d’obturation, c’est bien celle qui permet d’éviter le flou de bougé du photographe. En effet, on ne s’en rend pas compte, mais nous avons toujours une sorte de tremblement. Faites l’expérience en tenant un stylo du bout des doigts et observez celui-ci s’agiter.

 

Pour éviter ce flou de bougé, il faut appliquer une règle très simple : la vitesse ne doit jamais être inférieure à la focale. En effet, si vous utilisez une focale (un zoom) de 50 mm, votre vitesse ne peut pas être inférieure à 1/50 de seconde. Si vous utilisez une focale de 200 mm, vous ne pouvez pas avoir une vitesse inférieure à 1/200 de seconde.

 

Comprendre que la vitesse d’obturation devient un critère artistique

Je vous le répète, il n’y a pas de vitesse idéale. Il en va du choix du photographe. Celui-ci doit se poser la question de l’intention qu’il souhaite donner à ses photos : figer le mouvement ou au contraire laisser celui-ci apparaître. Dans un article, je vous explique comment photographier une cascade d’eau. Vous pourrez constater en le lisant que le choix de la vitesse est important.

 

 

Je vous invite à utiliser le mode Priorité à la vitesse. Faites simplement varier la vitesse d’obturation et prenez des photos d’un même sujet. Essayez de prendre la scène avec un temps de pose :

– De quelques secondes ;

– De quelques dixièmes de seconde ;

– De quelques centièmes de seconde ;

– Essayez aussi les millièmes de seconde.

 

 

Observez les changements que cela implique sur votre photo.

 

Faites le même exercice en vous entraînant sur des sujets en mouvement.

 

Est-ce que vous avez déjà rencontré des difficultés avec la vitesse d’obturation? Répondez à cette question dans les commentaires.

 

Pour aller plus loin, retrouvez ici, une vidéo montrant le fonctionnement des rideaux.

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